"Courir sur la faille" de Naomi Benaron

Publié le par Mimi

"Courir sur la faille" de Naomi Benaron

Mes très chers lecteurs,

Me revoici après une longue absence qui, si elle ne s'excuse pas, s'explique par une fin d'année (scolaire) très chargée, tant à la maison qu'au bureau...Bref, je n'épiloguerai pas...Tournons-nous plutôt sur cette rentrée (toujours scolaire) avec le souhait de vous faire partager mes nombreuses lectures de cet été.

Je commencerai ce jour avec cet émouvant livre de Naomi Benaron, "Courir sur la faille". J'ai découvert cet auteur totalement au hasard en me promenant parmi les nombreux rayons de ma librairie préférée (Librairie Mollat pour mes amis bordelais, haut lieu de la lecture et culture qui me ravit particulièrement tant par son atmosphère que par les avis et la connaissance avisée de tous ses occupants).

Tout d’abord un rapide résumé...

Depuis le jour ou il comprend que la course à pieds est sa passion, le jeune Tutsi Jean Patrick Nkuba n'a qu'un rêve : devenir le premier champion olympique du Rwanda. Mais les gens comme lui ne sont pas censés gagner... Avril 1994 : le pays s'embrase et Jean Patrick se trouve sans protection... Si ce n'est celle de son énigmatique coach, qui plus que quiconque croit en la réussite de ce jeune athlète. La seule solution : lui procurer une fausse carte d'identité ethnique pour échapper aux génocidaires et tenter d'accomplir sa destinée. Mais peut-on renier ses origines ? Et que sont devenus les siens ? Le temps passe. Les retrouver sera la course de sa vie. 

Mon point de vue (qui n’engage que moi...ce qui est déjà pas mal !)

Nous découvrons dès le début du roman le quotidien d'une famille certes pauvre mais aimante et prête à tout pour soutenir son jeune et talentueux Patrick qui rêve des Jeux Olympiques. Mais tout n'est pas si simple dans un Rwanda où la haine est prônée à la radio et dans le journal. Et Jean-Patrick est Tutsi…La vie quotidienne, c'est donc aussi la discrimination et la difficulté d'avoir une bourse pour étudier, les brimades et les attentats, l'escalade des événements et le génocide, c'est assister impuissant aux déchirements de son pays.

Ce livre a été l'occasion d'explorer un versant historique sur fond de roman. Difficile histoire que celle de Patrick qui nous embarque dans sa lutte, dans sa quête, dans son aventure....Le fond romanesque sert l'Histoire, non pas seulement celle du héros mais l'Histoire avec un grand H, sur fond de génocide. Comment rester insensible ? Comment ne pas relier le fond de ce roman aux nombreux reportages que nous avons forcément toutes et tous vus ou entendus sur les ondes ces dernières années. Parce que oui, les anecdotes, la question de renier ou pas ses origines ethniques, la quête de son identité sont des questions extrèmement contemporaines...tout comme les valeurs humaines véhiculées tout au long de ce roman...

Courir pour sa vie au Rwanda, une histoire d'amour et de sport dans un pays en guerre. Le conflit ethnique est présent tout au long du livre. Nous partageons avec l'auteur et ses personnages la peur, le désespoir, l'amour, l'injustice; ces sentiments qui ont tenu tout un pays en vie, on les partage sans pouvoir refermer le livre.

Au fil des pages, nous faisons corps avec Patrick, nous respirons avec lui, nous espérons : une course pour la vie, pour l'espoir d'un pays tout en entier qui bascule petit à petit dans l'horreur la plus totale. 

"Le récit se termine sur une note d’espoir, heureusement, et ce n’est pas pour le plaisir, non : il ne peut y avoir de réel « happy end » quand 800 000 Rwandais ont perdu la vie en trois mois. Mais Naomi Benaron propose une fin qui permet à la vie de continuer, tout en gardant la mémoire du pays et de ses morts, au terme d’un premier roman vivant et extrêmement bien documenté".

 

Publié dans Benaron Naomi, Histoire

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denise guillemet 13/09/2015 11:40

eh bien voilà ! j'ai très envie de lire ce livre !!!!!

Mimi 13/09/2015 13:38

Génial ! C'est exactement le but de ce blog que de faire découvrir les livres ! Merci !